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Tapisserie – verdure

Collection

Août 2022

Bruxelles, XVIIe siècle

Cette tapisserie s’inscrit dans la tradition des verdures de la production bruxelloise du XVIIe siècle ; c’est à dire une tenture dont le décor se compose principalement de végétaux et, parfois, d’animaux communs, exotiques ou fantastiques.

Depuis le XVe siècle et jusqu’au XVIIe, les tapisseries bruxelloises ont connu un grand succès à travers toute l’Europe grâce à leurs finesses d’exécution. Ces tapisseries monumentales demandaient beaucoup de temps de production et de savoir-faire ce qui expliquait leurs coûts très onéreux. Ces attraits prestigieux permettaient aux propriétaires d’exposer leurs pouvoirs et richesses, car tout comme en peinture, les tapisseries avaient, à l’origine, une fonction religieuse abandonnée, dès le XVIe siècle, pour devenir plus décorative. Outre le fait de mettre en avant les capacités « industrielles » et commerciales de la ville, les tapisseries étaient aussi les reflets artistiques de leurs époques. Elles pouvaient être mises en rapport avec les grandes écoles de la peinture européenne, car à partir du XVIe siècle, il était courant de voir des artistes comme Raphaël exécuter des cartons de tapisseries (dessins préparatoires).

À partir du XVIe siècle, se met en place un jeu de vases communicants artistiques entre la Flandre et l’Italie ce qui influence considérablement les arts et les artistes de nos régions. Les lissiers flamands vont amener en Italie l’ensemble de leurs savoir-faire et leur technicité quant à l’exécution des tapisseries tandis que l’Italie, aura un impact au niveau stylistique sur la production des anciens Pays-Bas.

La verdure présentée ici en est un bel exemple des différentes esthétiques européennes, car elle mélange harmonieusement l’artisanat flamand aux styles et aux motifs italiens notamment visible dans la bordure. Elle se compose d’un décor fleuri et fruité, mais aussi de médaillons flanqués de petits amours ou encore de coupes sur pied rappelant la majolique italienne. L’idée de mouvement se retrouve à travers toute la composition créant une harmonie et une cohérence à l’ensemble. Les divers animaux de la scène principale sont représentés dans leur environnement naturel donnant ainsi vie au premier plan composé principalement d’un décor purement végétal. Au premier plan, un cerf s’abreuve, un couple d’oiseaux s’ébat ou encore un hibou regardant discrètement le spectateur. En arrière-plan, une ville se fond dans le décor et se lie au premier plan par un sentier et un cours d’eau. Ces éléments créent un certain dynamisme et amènent de la profondeur au sujet.

Laine et soie polychrome.
Inv. DO241.
Dimensions : H 340 cm, L 390 cm.

Cette œuvre s’inscrit parfaitement dans le thème champêtre de la salle de compagnie qui vous accueillera au rythme des cors de chasse.

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